vendredi, février 3, 2023
Home > Economie > Transport maritime : « Nous devons changer de cap et nous devons le faire maintenant » dixit Rébéca Grynspan

Transport maritime : « Nous devons changer de cap et nous devons le faire maintenant » dixit Rébéca Grynspan

Selon Rébéca Grynspan, Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), pour préparer l’avenir, il faut que les transports maritimes et les chaînes d’approvisionnement soient plus efficaces, plus résilients et beaucoup plus écologiques.

Dans le bilan du transport maritime, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a indiqué que le COVID-19, la guerre en Ukraine, le changement climatique et la géopolitique ont fait des ravages dans le transport maritime et la logistique, obstruant certains ports et en fermant d’autres, reconfigurant les routes, prolongeant les retards et augmentant les coûts d’expédition.

En effet, les articles essentiels entre autres, la nourriture, l’énergie, les médicaments et bien d’autres n’atteignent pas ceux qui en ont besoin puisqu’il y a eu des perturbations dans les ports et sur les voies de navigation alors que les navires assurent plus de 80% du commerce mondial.

Le transport maritime et le commerce mondial reste vulnérable malgré l’amélioration des retards et la diminution des taux de fret sec. L’industrie maritime doit investir maintenant pour renforcer sa résilience face aux crises futures et au changement climatique.

« Les ports, les compagnies maritimes et les opérateurs de transport doivent accroître leur capacité, renouveler et développer leurs flottes et leurs équipements, assurer une main-d’œuvre adéquate et qualifiée, améliorer la connectivité et les performances, réduire les émissions et préserver la concurrence pour garantir que le transport maritime puisse affronter la prochaine tempête » précise le document ».

Pour préparer à un avenir imprévisible avec des frais de port volatils, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), demande aux gouvernements et aux opérateurs d’étendre et de moderniser les infrastructures portuaires et les liaisons de transport terrestre, d’accélérer les réformes de facilitation des échanges, en particulier la numérisation. Aux opérateurs portuaires et aux compagnies maritimes la CNUCED recommande d’investir dans l’augmentation des installations de stockage et la réduction des pénuries d’équipements. Elle instruit les compagnies maritimes d’investir dans une navigation durable et déployer la capacité de transport nécessaire.

En ce qui concerne les risques et incertitudes sur la croissance, la CNUCED formule des recommandations pour les minimiser.  Elle demande à la communauté internationale d’atténuer l’impact du COVID-19 en offrant un meilleur accès aux vaccins et aux médicaments dans les pays en développement. Et demande aux pays de maintenir la fluidité des échanges en minimisant les blocages et en évitant les restrictions à l’exportation et à l’importation en particulier de denrées alimentaires, d’engrais et d’énergie. Et aux pays de promouvoir la croissance économique, et d’éviter les mesures d’austérité, tout en maîtrisant l’inflation et en réduisant la vulnérabilité financière.

Parlant des émissions de gaz à effet de serre de la flotte maritime mondiale qui ont augmenté de 4,7 % entre 2020 et 2021, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement a fait des recommandations pour réduire les émissions de CO2 et investir dans de nouveaux navires.

Ces recommandations sont entre autres investir davantage dans les technologies de transport maritime économes en énergie et une transition accélérée vers des carburants alternatifs à faible émission de carbone pour réduire l’empreinte carbone du transport maritime ; Un cadre réglementaire mondial prévisible pour investir dans la décarbonation et un soutien accru aux pays en développement dans la transition énergétique ; Un soutien plus fort pour aider les pays en développement à adapter les ports aux impacts du changement climatique, en particulier dans les petits États insulaires en développement.

Le monde a besoin d’une nouvelle génération de navires capables d’utiliser les carburants les plus rentables et de s’intégrer de manière transparente aux systèmes numériques intelligents.

Les pays doivent améliorer la performance et la connectivité des ports, pour ce faire, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement demande un soutien renforcé pour aider les pays en développement à adopter une logistique maritime intelligente et des technologies numériques, et à mettre en œuvre des mesures pour améliorer les connexions portuaires, routières et ferroviaires ; aux pays en développement d’améliorer les performances et la productivité des ports, notamment en améliorant la capacité des ports et en renforçant les liaisons de transport régionales, aux autorités portuaires de réduire les pénuries de main-d’œuvre en attirant davantage de travailleuses et en augmentant la participation des femmes dans le secteur. 

Consolidation du marché du transport maritime et protection des règles de concurrence

Au fil des années, les fusions et acquisitions ont consolidé et transformé le secteur du transport par conteneurs, qui transporte la plupart des biens de consommation. Les transporteurs ont également poursuivi l’intégration verticale en investissant dans l’exploitation des terminaux et d’autres services logistiques.

Au cours des 25 dernières années, les 20 principaux transporteurs ont presque doublé leur part de marché, passant de 48 % à 91 %. Les quatre plus grands transporteurs contrôlent désormais plus de la moitié de la capacité mondiale de transport par conteneurs.

La consolidation du marché du transport maritime réduit la concurrence et limite l’offre. Cela peut entraîner des abus de pouvoir sur le marché, des coûts d’expédition plus élevés pour les entreprises et donc des prix plus élevés pour les consommateurs.

Recommandations de la CNUCED

La concurrence et les autorités portuaires doivent travailler ensemble pour surveiller les tarifs et les frais de fret et répondre à la consolidation de l’industrie par des mesures visant à protéger la concurrence.

Renforcement de la coopération internationale sur les pratiques anticoncurrentielles transfrontalières dans le transport maritime, sur la base de l’Ensemble de règles et principes de concurrence des Nations Unies.

Les gouvernements doivent surveiller les tendances des structures et des services de l’industrie maritime afin d’assurer des règles du jeu équitable, en particulier pour les petits expéditeurs des pays en développement.

© TOGODAILYNEWS

Pour vos reportages, annonces et publicités, contacter le service commercial de votre site togodailynews.info

Tél : (00228) 90 90 49 83

Email : togodailynews@gmail.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *