mardi, septembre 21, 2021
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Interview : “La COVID-19 n’a pas véritablement impacté le domaine des transports routiers” dixit M. SEMEGLO Messan

Dès l’apparition du premier cas de contamination de la COVID-19 au Togo, les autorités ont pris des mesures restrictives, lesquelles n’ont eu d’impact négatif sur le domaine des transports puisque les frontières n’étaient pas fermées aux transports des marchandises. Pour avoir une idée sur le bilan de l’année dernière nous avons tendu nos micros à Monsieur SEMEGLO Messan Kwamlan, responsable administratif et sécurité (HSSE) au transport Jean Renaldo.

Togodailynews.info : Bonjour monsieur, présentez-vous à nos lecteurs s’il vous plaît.

M SEMEGLO: Bonjour monsieur Bernard, je suis monsieur SEMEGLO Messan Kwamlan.


Je porte deux casquettes ; la première, je suis Responsable administratif et sécurité( HSSE) au transport Jean RENALDO. Nous sommes spécialisés dans le transport des hydrocarbures et de gaz, et nous faisons également l’activité transport de conteneurs et des produits de la brasserie BB. 2e casquette : Je suis promoteur et exploitant de l’auto école l’itinéraire ; un centre de formation des automobilistes agrée par les autorités.


Togodailynews.info : Secouée par la crise sanitaire liée à la COVID-19, quel est vôtre bilan de l’année 2020 puisque votre domaine contribue a l’émergence économique de notre pays?


M SEMEGLO: vraiment, car qui parle de route, parle de transport, de ravitaillement des populations et parle également de déplacement de personnes et de mouvement de marchandises. C’est vrai que la maladie à covid 19 a impacté négativement beaucoup de secteurs d’activités, en occurrence le domaine des voyages, la restauration, l’aviation, l’enseignement et autres. Mais lorsque nous prenons le domaine du transport routier que cela soit des marchandises à l’intérieur comme à l’extérieur ou des personnes à l’intérieur d’un pays, le tableau est autre. C’est justement parce que les autorités ont pris la bonne décision de ne pas fermer la frontière aux marchandises et cela a positivement joué sur l’activité des transporteurs routiers. Donc le bilan au niveau du transporteur routier est positif donc bénéfique comparé à ceux que nous avions cité plus haut.
Nous avons au cours de l’année 2020 livré les stations d’essence et les clients de nos partenaires ; de même que transporté des conteneurs sur le Burkina, le Niger et la Mali. C’est mon premier bilan.


2e bilan, qui parle de transport, parle également et malheureusement d’accident. Malgré la maladie à Covid 19, les routes togolaises ont encore tués en 2020.


Mais au niveau de notre société de transport, l’ensemble des chauffeurs ont parcouru 839.758 km sans accident mortel ni avec blessés. Toutefois, nous avons noté quelques petits accrochages sans importance. Tout ceci grâce à la formation continue que suivent les conducteurs et le professionnalisme dont ils font preuve.


Pour le bilan des accidents au Togo, les autorités nous ont encore annoncé dernièrement les statistiques. Et lorsque je prends le premier semestre 2020, on a enregistré 241 morts, 2627 cas d’accidents et 3734 blessés. Je n’ai pas le second semestre pour avoir une idée générale sur le tableau de l’année 2020. Mais lorsque je prends ce premier semestre c’est à dire du 1er janvier jusqu’au 31 juillet 2020, comparer à la même période de 2019, on va dire quand même qu’il a eu une petite baisse car à la même période en 2019 on avait enregistré 354 morts. Ce qui veut dire qu’il y a un effort qui est fait par les autorités pour réduire les cas d’accidents et donc le nombre de décès. On constate aujourd’hui que petit à petit on revient plus ou moins à l’ancien système avec la présence des policiers aux intersections pour réguler le trafic et régler l’ordre de passage. Ainsi qu’un renforcement des contrôles routiers des agents de la Division de la Sécurité Routière. Petit à petit, on commence également par les outiller. Le contrôle de l’alcoolémie, le contrôle des vitesses à l’aide de radar et autres sont des points positifs à noter.


Une autre chose qui serait intéressante à faire est de connaitre le parc routier togolais chaque année et d’étudier son impact sur l’évolution du nombre de cas d’accident et de décès. Voilà en gros mon bilan.

Togodailynews.info : Vous êtes aussi directeur d’une Auto école? Dite nous Quel est le rôle d’une auto-école ?

M SEMEGLO : en terme très simple une auto-école est un centre où les gens vont pour apprendre le code de la route et la conduite automobile pour ensuite passer un examen pour l’obtention du permis de conduire. Donc son rôle est de préparer le candidat à l’obtention du permis de conduire.

Togodailynews.info : Comment accède t-on a cette profession ?

M SEMEGLO : En réalité la profession d’enseignant à la conduite Automobile est une profession réglementée par quatre grands documents : Premièrement le décret n°2001-002/PR du 07 février 2001 fixant les conditions d’exploitation des établissements d’enseignement de la conduite automobile ; deuxièmement le décret n°2001-003/PR du 07 février 2001 relatif au certificat d’aptitude professionnelle à l’enseignement de la conduite des véhicules automobiles ; troisièmement l’arrêté interministériel n° 044 et 144/MEFP/MEF du 11 aout 2014 portant procédure d’ouverture, modalités de fonctionnement et d’exploitation d’établissements privés d’enseignement de la conduite des véhicules automobiles et enfin la directive 015/2009/CM/UEMOA portant organisation du système de formation à l’obtention du permis de conduire dans les états membres de l’UEMOA. Avec tous ces textes, on doit se dire c’est une profession sensible et importante car nous parlons d’éducation et de sécurité routière.
Donc pour accéder à la profession d’enseignant, vous devez disposer d’un CAPECA (Certificat d’aptitude professionnelle à l’enseignement de la conduite automobile) et c’est ça qui vous ouvre la porte à être moniteur dans une auto-école ; non pas pour ouvrir une auto école car ouvrir un établissement privé d’enseignement est un autre volet de la chose. L’ouverture d’un établissement d’enseignement à la conduite automobile est soumise à l’obtention d’un agrément auprès des autorités compétentes et fait ainsi de vous un exploitant. Et ça, c’est un autre parcours. D’ailleurs j’invite les exploitants à lire ces textes qui encadrent la profession.
Humm c’est un peu compliqué chez nous mon frère, car nous ne disposons pas de centre de formation des moniteurs alors que le décret n° 2001-003/PR instituait la création d’un centre formation de CAPECA depuis 2001.
Les moniteurs ont été obligés d’apprendre sur le tas et ce n’est pas de leur faute. Rares sont ceux qui sont partis faire les formations au Benin et en Cote d’ivoire pour disposer du certificat. En l’absence de compétence réelle l’autorité est obligée de faire avec la situation réelle sur le terrain tout en réfléchissant à des solutions intermédiaires.
Dieu merci, l’ancien directeur feu AGBOPKE a amorcé la reforme avec l’aide de la Banque Mondiale. Ce qui a conduit à une phase diagnostique des problèmes qui minent le transport au Togo et nous espérons que la reformulation des nouveaux textes permettra de régler définitivement les problèmes du transport en général et de l’exploitation des auto-écoles en particulier.
J’ai quand même eu la chance de participer à plusieurs séances de travail en tant que représentant d’un transporteur et promoteur de mon établissement d’enseignement à la conduite automobile. Ce qui est en réflexion avant le décès du directeur était énorme et sera très bénéfique pour l’ensemble des acteurs. A coté de la reforme des textes, on parlait également de la construction d’un centre de formation pour les métiers de Transport (moniteur, administrateur d’auto-école, transporteur …).Vous imaginez ce que cela représente et peut apporter en terme de bénéfice pour nous ?
Je croise les doigts pour que ce centre soit construit …..


Togodailynews.info : Pour l’année dernière parlant des inscriptions votre établissement a pu présenter beaucoup de candidats ?


M SEMEGLO : C’est vrai que l’activité transport n’a pas été impactée mais au niveau des établissements d’enseignement et particulièrement les auto-écoles, nous avons fermé nos portes pendant un bon moment. Il faut dire que l’année 2020 a été difficile pour les exploitants et actuellement nous croulons sur des dettes.
La reprise à été également timide et il a fallu attendre la mise en place des conditions sécuritaires contre la propagation de la covid lors des examens avant la communication de calendrier par la DTRF (Direction des Transports Routiers et Ferroviaires).


Par la grâce de Dieu, mon centre a inscrit 67 candidats pour l’année 2020. Mais il faut noter que c’est Très peu pour un centre. Et Sur les 67 , nous avons enregistré 63 admis. Soit un taux de réussite de 94%
Notre objectif est de former des automobilistes compétents qui doivent développer des attitudes sûres en circulation. Nous mettons l’accent sur une formation de qualité.

Togodailynews.info : Quelles sont vos perspectives d’avenir ?

M SEMEGLO : Mes perspectives d’avenir sont énormes parce que ça fait 15 à 16 ans que je suis dans la profession de transporteur et de formateur et je dis qu’il faut des centres professionnels de formation au Togo pour les chauffeurs et les moniteurs. A part le centre que va créer l’autorité, il faut que les regroupements des transporteurs comme UNATROT et autre créent également des centres professionnels pour leurs routiers. Si je prends le milieu des transporteurs d’hydrocarbure, leur syndicat peut également contribuer à la création d’un centre professionnel pour vulgariser les formations données aux conducteurs citerniers. Plus on forme les conducteurs, moins il y aura des accidents sur nos routes. Personnellement je compte aussi ouvrir un institut de formation professionnelle des routiers. Je voudrais aller vers des habilitations professionnelles.


Togodailynews.info : Votre mot de la fin

M SEMEGLO : Nous devons garder à l’esprit que l’accident n’est pas une fatalité mais c’est quelque chose que nous pouvons éviter. Et pour l’éviter nous devons maitriser le code de la route et les bases de la conduite défensive.
Merci a toi et très heureux d’avoir échangé avec toi, mon cher Bernard.

Interview réalisée par Bernard AFAWOUBO.

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